Dès l'annonce des résultats officiels, le candidat social-démocrate
Mircea Geoana a annoncé qu'il allait contester devant la Cour constitutionnelle le résultat de la présidentielle roumaine, remportée par le président sortant de
centre-droit Traian Basescu. "
L'obligation de respecter la confiance accordée par cinq millions de Roumains nous mène à la conclusion naturelle, démocratique et nécessaire de contester devant la Cour Constitutionnelle le résultat de cette élection", a déclaré M.
Geoana. Et d'ajouter : "
Nous ne pouvons pas rester impassibles quand il y a de si nombreux indices sur des sommes d'argent allouées à l'achat de votes, sur du tourisme électoral, et des votes multiples. "
Des propos
complèter par
Liviu Dragnea, secrétaire général du
PSD : "
Je suis convaincu que les Roumains ont choisi Mircea Geoana, mais l’appareil d’Etat de Traian Basescu souhaite son maintien au pouvoir à tout prix".
Traian Basescu, le cavalier solitaire, a donc gagné la présidentielle roumaine, au terme d'un final à suspense. Donné perdant, dimanche soir, le chef de
l'État obtient finalement 50,33 % des voix, contre 49,66 % au social-démocrate
Mircea Geoana. Le vote des Roumains de l'étranger, qui ont opté en masse pour
Traian Basescu, a été décisif.
Les estimations avancées dimanche soir ne tenaient pas compte des votes de la
diaspora roumaine mais
Basescu en a massivement bénéficié. Selon le ministère des Affaires étrangères, sur les 147 754 Roumains de l’étranger qui se sont déplacés, 78,86% ont voté pour
Traian Basescu et 21,13% pour
Mircea Geoana.
Pays paralyséL'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (
OSCE) juge que le scrutin s'est déroulé, globalement, de façon normale, mais encourage les autorités à enquêter sur les irrégularités mises en avant.
Le vainqueur
Basescu a tenté, hier, de se poser en rassembleur, remerciant ses électeurs, mais aussi ceux de son rival : "
Vous êtes tous Roumains et, en tant que Président, je vous traiterai sur un mode égalitaire." Rassembler sera un vrai défi, car le Président est plus connu pour son caractère tempétueux que pour son sens du compromis.
Le Parti
démocrate-libéral de
Traian Basescu veut "
entamer des négociations", notamment du côté des libéraux et du parti de la minorité hongroise, pourtant ralliés à
Mircea Geoana. "
L'option la plus crédible et la plus raisonnable est celle d'un gouvernement minoritaire démocrate-libéral, soutenu au Parlement par ces formations, analyse le
politologue Radu Alexandru.
Il va être difficile d'arriver à un tel compromis et de dépasser les clivages actuels. Mais la situation du pays est critique et il faut sortir de cette logique d'affrontement."
138 000 bulletins de vote à recompterLa Cour constitutionnelle de
Roumanie a ordonné que soient recomptés 138.000 bulletins de vote du second tour de l'élection présidentielle : "
La Cour (...)
a décidé à la majorité de réexaminer les bulletins de vote annulés et a chargé le Bureau électoral central de les recompter pour déterminer s'il y a des différences(...)". Selon des analystes, il est peu probable qu'un nombre suffisant de votes annulés soient déclarés de nouveau valables et que cela change l'issue du scrutin. "
Je ne pense pas que la proportion de bulletins qui pourraient être déclarés valides soit telle que le résultat de l'élection en soit changé", déclarait
Mircea Marian, commentateur politique pour le journal
Evenimentul Zilei. "
Cela ne fait que renforcer l'incertitude politique. Nous nous rapprochons du chaos".
La Cour constitutionnelle a également reçu une requête des sociaux-démocrates l'annulation pure et simple du second tour mais n'a pas indiquer quand elle compte l'examiner.
Ces recours en justice prolongent la crise politique que la
Roumanie connaît depuis que les sociaux-démocrates et d'autres partis de l'opposition ont, en octobre, fait tomber le gouvernement de
centre-droit de
Basescu et de ses alliés.
En 2004, lors des élections législatives et présidentielle en
Roumanie, les sondages sortie des urnes étaient aussi en contradiction avec le résultat final.